Les économies d’énergie sont au cœur des problématiques dans le domaine de la construction. Après la maison BBC (Bâtiment basse consommation) ou la maison passive, les bâtiments à énergie positive apparaissent comme une solution d’avenir sur le marché de la construction durable. Si la RT 2005, puis la RT 2012 ont imposé peu à peu des maisons et des immeubles plus efficaces sur le plan énergétique, la RE 2020 est encore plus stricte. Mais les progrès technologiques permettent aujourd’hui d’envisager des constructions encore plus performantes, avec des bâtiments à énergie positive. Qu’est-ce qu’un bâtiment à énergie positive et quelle place ce type de projets occupe-t-il actuellement en France ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans cet article.

Bâtiment à énergie positive : définition et exemples

Qu’est-ce qu’un bâtiment à énergie positive ? Il s’agit d’une maison ou d’un immeuble dont le bilan énergétique est positif, c’est-à-dire qui produit plus d’énergie que la propriété n’en consomme. Une construction a un bilan énergétique positif dès lors que la consommation d’énergie est entièrement couverte par un concept global de production d’énergie renouvelable.

La maison, l’immeuble ou le bâtiment tertiaire doivent aussi produire plus d’énergie que le total de la consommation. Dans l’idéal, les excédents obtenus peuvent être injectés dans le réseau électrique général, des accumulateurs permettant d’être indépendant des fournisseurs d’électricité externes.

Pour comprendre la définition du bâtiment à énergie positive, il faut donc bien garder à l’esprit le sens de l’expression. Il ne s’agit pas d’un bâtiment qui ne consomme pas d’énergie, mais d’une construction qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme. En France, on parle couramment de BEPOS. Plusieurs bâtiments à énergie positive ont vu le jour dans l’hexagone ces dernières années, en voici quelques exemples.

Le Hangar 108

Cet immeuble de 6 400 m² abrite les services administratifs de la Métropole Rouen Normandie.  Inauguré en 2019, il s’agit du plus grand bâtiment de type BEPOS construit à ce jour en France.

Source photo : https://ferriermarchetti.studio/fr/project/siege-metropole-rouen-normandie   

Le Delta Green

Cet immeuble de bureaux, d’une surface de 4 608 m², a été livré en 2017 à Saint-Herblain, en Loire-Atlantique.

Source photo : https://galeo.fr/realisations/deltagreen/

Le Descartes +

L’Ecole des Ponts et Chaussées a conçu en 2012 le premier bâtiment à énergie positive en France : le Descartes +. Situé sur le campus de Champs-sur-Marne, il abrite aujourd’hui le centre de formation de la grande école. Remarquable, il continue d’inspirer architectes et techniciens, à la recherche de solutions énergétiques pour la conception de bâtiments à énergie positive.

Source photo : https://www.atelierld.com/fr/portfolio_page/marne-vallee-cite-descartes/

Les bâtiments à énergie positive : comment ça marche ?

Pour que le bâtiment produise plus d’énergie qu’il n’en consomme, le recours aux technologies de pointe est incontournable. Les exemples de bâtiments à énergie positive que nous avons évoqués offrent un panorama intéressant des technologies employées : des panneaux photovoltaïques, aux pompes à chaleur, en passant par la géothermie et une meilleure régulation énergétique du bâtiment grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle. Voici quelques-unes de leurs caractéristiques.

Le Hangar 108 dispose de 2000 m² de panneaux photovoltaïques, produisant l’électricité nécessaire pour faire fonctionner les puissantes pompes à chaleur géothermique et l’éclairage du bâtiment. Le surplus d’électricité produite est injecté dans le réseau. L’intelligence artificielle est mise à profit pour gérer l’énergie dans l’immeuble et contribue à une meilleure régulation et plus d’efficacité.

Crédit photo : © FM/Normandie-actu

Le Delta Green, quant à lui, est connu comme le premier bâtiment tertiaire à énergie positive en France. Comme le Hangar 108, il utilise des panneaux photovoltaïques alimentant plusieurs pompes à chaleur. L’installation produit 520 MWh d’énergie primaire alors que l’immeuble n’en consomme que 476 MWh. L’originalité du Delta Green réside dans l’emploi d’une station à hydrogène pour le stockage et la récupération de l’énergie électrique produite par les panneaux photovoltaïques.

Source photo : https://galeo.fr/realisations/deltagreen/

Le Descartes +, bâtiment phare de l’Ecole des Mines, présente des options énergétiques plus anciennes, mais tout aussi intéressantes. Là encore, on trouve au centre du dispositif un ensemble de panneaux photovoltaïques produisant l’électricité nécessaire à l’alimentation du bâtiment. Dans une optique écologique, le Descartes + a aussi installé un système de recyclage de l’eau de pluie, ce qui en fait non seulement un bâtiment à énergie positive, mais aussi une construction qui vise à une autonomie plus globale, en termes de ressources.

Crédit photo : Johanna Larue – See-me-Studio.com

Les exemples de bâtiment à énergie positive que nous avons cités sont des immeubles tertiaires, mais il est également possible de construire une maison à énergie positive ou encore des logements collectifs. Les techniques à mettre en œuvre sont les mêmes. Néanmoins, le marché des maisons à énergie positive demeure à ce jour encore assez confidentiel.

Énergie positive et construction de maisons individuelles

Les constructeurs et promoteurs s’engagent eux aussi dans des chantiers de bâtiments à énergie positive, qu’il s’agisse d’immeubles ou de maisons individuelles en lotissements spécialement pensés pour l’énergie positive. C’est un marché porteur et il existe à ce jour peu de constructeurs spécialisés en France. Il faut en effet être en mesure de prendre en charge l’ensemble du chantier et d’aborder les questions énergétiques. Le chantier est, dans tous les cas, un peu plus complexe que celui d’une maison individuelle classique.

Comme les autres bâtiments à énergie positive, la maison individuelle doit utiliser les énergies renouvelables. On peut avoir recours à l’éolien, au solaire photovoltaïque, aux pompes à chaleur géothermiques ou encore aux aérogénérateurs. L’isolation thermique doit être ultra performante, de manière à réduire les pertes au minimum. L’architecte devra aussi veiller à bien implanter la maison, afin de tirer parti des énergies renouvelables.

La maison positive réduit sa consommation, que ce soit pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire ou la ventilation. Elle est conçue pour offrir du confort en minimisant l’utilisation de l’énergie et il y a donc un équilibre à trouver car il n’est pas question de sacrifier le confort des habitants. Une étude thermique peut se révéler indispensable avant de se lancer dans le projet. Le plus souvent, on rajoute, dans une perspective écologique, un système de récupération de l’eau de pluie.

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Quelle est la rentabilité des chantiers à énergie positive ?

La construction en BEPOS suppose un surcoût qui est estimé, selon les cas, entre 15 et 20 %. Néanmoins, il s’agit d’un investissement, et c’est ainsi qu’il faut comprendre les bâtiments à énergie positive. L’objectif n’est pas une rentabilité immédiate, mais une rentabilité à long terme. Concernant les maisons individuelles, elles offrent l’opportunité d’une plus-value intéressante sur le marché de l’immobilier. Par ailleurs, ces bâtiments écologiques ne constituent sans doute qu’une étape, vers d’autres projets innovants visant à l’autonomie totale des constructions.

Pour gérer au mieux un projet ambitieux comme celui de la construction d’un bâtiment à énergie positive, l’utilisation d’un logiciel de gestion de chantier est fortement recommandée. L’ensemble des procédures et des étapes peut profiter des avantages de la digitalisation, grâce à un outil comme Planradar. Ce logiciel est conçu pour vous permettre d’améliorer la productivité, lier le bureau au chantier et gérer en toute transparence les différentes phases du chantier.