Le terme Micro Living désigne les plus petits logements, généralement des appartements d’une ou deux pièces d’une superficie maximale de 20 à 30 mètres carrés. La plupart du temps, ils sont occupés en location par des jeunes personnes. Les résidences universitaires sont un exemple connu de Micro Living.

Les régions urbaines de Suisse attirent chaque année des milliers de nouveaux habitants. Les agglomérations de Zurich, Bâle, Genève, Lausanne, Berne, Lucerne, Winterthour et Saint-Gall, en particulier, connaissent une forte croissance. L’urbanisation du Plateau se poursuit — aujourd’hui déjà, plus de 70 pour cent de la population suisse vit sur le Plateau. Alors que le potentiel d’extension dans les centres urbains est en grande partie épuisé, les densifications et les nouvelles constructions continuent de s’étendre en périphérie des villes et dans les agglomérations. Cela a pour conséquence que les frontières entre les villes et les communes d’agglomération disparaissent de plus en plus.

La demande de logements n’a jamais été aussi forte en Suisse et les prix de l’immobilier continuent d’augmenter malgré le renchérissement des hypothèques. Les terrains à bâtir disponibles commencent à manquer et des solutions innovantes sont nécessaires. Le concept de “Micro Living” offre une solution innovante. Vous découvrirez dans cet article ce qui se cache exactement derrière ce terme et comment le Micro Living s’applique en Suisse.

Micro-Living: Mikrowohnungen oder Mikro Apartments werden in der Schweiz immer beliebter

Qu’est-ce que le Micro Living ?

Le terme “Micro Living” désigne une catégorie de biens immobiliers qui comprend les logements de taille très réduite. Il n’existe pas de définition quantitative du moment à partir duquel un appartement entre dans la catégorie Micro-Living. En règle générale, on parle toutefois de Micro-Living lorsqu’un appartement ne compte pas plus de deux pièces et ne dépasse pas 20 à 30 mètres carrés. Les petits appartements en soi ne sont certes pas une nouveauté. En revanche, construire de manière volontaire ce type de micro-appartements et les réunir sous un concept qui souligne les avantages de cette catégorie immobilière et bénéficie d’une énorme demande est une nouveauté en Suisse. Les appartements Micro-Living sont généralement loués et occupés par le même locataire pendant moins de cinq ans. Les foyers d’étudiants, par exemple, sont une forme connue de Micro Living. Souvent, les chambres d’une résidence universitaire ne font pas plus de 12 à 18 mètres carrés. Elles offrent tout ce dont on a besoin pour vivre plus ou moins confortablement, même si la cuisine et les installations sanitaires sont fréquemment utilisées en commun. En règle générale, le Micro Living s’adresse à de jeunes personnes seules, mais il offre également des avantages évidents aux couples.

Pourquoi le Micro Living est-il de plus en plus populaire ?

La popularité du Micro Living s’explique par les bénéfices qu’il offre. Mais, pourquoi les locataires devraient-ils délibérément opter pour un petit espace de vie ?

La maison du futur

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Un habitat bon marché

La raison la plus évidente pour laquelle les habitants optent pour le Micro Living est sans doute le prix. Dans les zones urbaines de Suisse, les prix de l’immobilier ont explosé. Dans de nombreuses communes, le prix au mètre carré a doublé au cours des deux dernières décennies et aucun ralentissement n’est encore en vue. Cela a aussi entraîné une forte hausse des loyers — plus forte que celle des salaires. Ce sont souvent des personnes au budget limité, comme les jeunes, les étudiants ou les personnes aux revenus modestes, qui optent pour le Micro Living.

Lieu de résidence

Les loyers des appartements situés en centre-ville dans des villes comme Zurich, Genève ou Lausanne sont parmi les plus chers au monde. De nos jours, louer ou même acheter un appartement en centre-ville dans une grande ville suisse est pratiquement impossible pour les personnes ayant un salaire moyen. Pour les personnes qui privilégient une localisation centrale et ses avantages – offre culturelle et sociale, gain de temps, transports publics, etc. – au détriment de la taille de l’appartement, le Micro Living est le compromis parfait. Grâce au Micro Living, même les personnes aux revenus moyens peuvent continuer à habiter dans le centre. Cela ne signifie toutefois pas que le Micro Living en centre-ville est bon marché. Un coup d’œil sur les portails immobiliers suisses montre qu’un micro-appartement d’une pièce de 24 mètres carrés dans le quartier 1 de Zurich coûte bien 2 200 francs suisses par mois — sans les charges.

Le domicile n’est pas le lieu principal de vie

Selon le style de vie, le domicile n’est rien de plus qu’un lieu où l’on passe occasionnellement la nuit. Les personnes qui ne considèrent pas leur domicile comme le centre de leur vie trouvent dans le Micro Living une alternative avantageuse à l’habitat traditionnel. Pour les personnes qui voyagent beaucoup pour leur travail, les étudiants qui passent leur quotidien à l’université, dans un petit boulot et dans des soirées ou les personnes qui voyagent constamment autour du monde, un petit appartement d’une ou deux pièces est généralement suffisant. Si l’on change régulièrement d’appartement pour des raisons professionnelles ou privées et que peu d’objets d’aménagement sont nécessaires, il n’est pas nécessaire d’avoir une grande villa.

Habitat écologique

En Europe centrale, environ un quart des émissions privées de dioxyde de carbone est imputable au secteur de l’habitat. L’habitat est donc l’un des principaux responsables du changement climatique provoqué par l’homme. Les personnes qui adoptent un mode de vie durable veillent ainsi également à réduire l’empreinte écologique de leur logement. Un petit logement consomme moins d’énergie lors de sa construction, nécessite moins d’espace et doit être moins chauffé. La durabilité n’est certes pas la raison déterminante pour de nombreux habitants d’opter pour le Micro Living, mais c’est néanmoins un effet secondaire positif.

Résidence secondaire

Le groupe cible du Micro Living est généralement âgé de moins de 30 ans, célibataire, étudiant, employé ou demandeur d’emploi. Mais, il existe aussi un second groupe cible : les employés ou les indépendants, hommes ou femmes d’âge moyen. Ces personnes utilisent majoritairement le petit appartement comme résidence secondaire, par exemple, comme résident à la semaine. De même, les personnes aisées qui se rendent régulièrement dans une ville donnée, et qui ne veulent pas renoncer au confort de leur propre maison, louent ou achètent volontiers des micro-appartements bien situés.

Micro Living in der Schweiz ist am Vormarsch

Comment les développeurs immobiliers et les propriétaires en Suisse tirent-ils profit du Micro Living ?

Le succès du Micro Living et du Co-Living en Suisse n’est pas seulement dû à la demande, mais également à l’offre. Les promoteurs immobiliers et les bailleurs profitent de divers avantages du Micro Living.

Rendements plus élevés pour un même espace

Supposons qu’un promoteur immobilier dispose d’une surface de 100 mètres carrés dans un endroit central. Il peut maintenant décider ; veut-il construire deux appartements de 50 mètres carrés qui seront loués 2 600 francs chacun, ou veut-il construire cinq appartements de 20 mètres carrés qui coûteront 1 200 francs par mois chacun ? Dans le premier cas, le revenu locatif mensuel est de 5 200 francs, dans le second cas, il est de 6 000 francs.

Les logements du Micro Living sont certes moins chers, mais leur loyer au mètre carré a tendance à être plus élevé que celui des logements ordinaires. Il est donc possible d’obtenir des rendements supérieurs à la moyenne avec le Micro Living.

Un portefeuille attrayant

Avec les micro-appartements, les investisseurs immobiliers diversifient leur portefeuille. Les vacances sont plus régulières et plus prévisibles à mesure que le nombre d’appartements loués augmente. De plus, les vacances sont moins marquantes, car elles sont amorties par les revenus locatifs d’autres micro-appartements. Le Micro Living permet ainsi de répartir les risques plus largement, tout en augmentant les bénéfices. Cela explique pourquoi, en Suisse, les investisseurs institutionnels, tels que les fonds de pension, ont investi de plus en plus dans des complexes de petits appartements et dans des résidences universitaires ces dernières années.

Une demande élevée

La demande de logements est de toute façon déjà énorme en Suisse. Toutefois, la demande de logements abordables est encore plus forte. Il n’est pas rare de voir des dizaines de personnes se présenter à un rendez-vous pour visiter un appartement situé au centre de Zurich, Genève ou Lausanne.

Le Micro Living : comment la Suisse se situe-t-elle par rapport aux autres pays ?

Le concept du Micro Living n’est apparu en Suisse qu’au cours de la dernière décennie. Si l’on compare avec l’international, le Micro Living suisse est donc encore assez récent. Dans certaines villes asiatiques, le Micro Living faisait déjà partie intégrante du quotidien de certains habitants depuis plusieurs décennies. Le Micro Living a été conduit à l’extrême dans des métropoles comme Tokyo, Osaka, Hong Kong, Singapour, Séoul, Bangkok ou Jakarta. Les prix de l’immobilier à proximité du lieu de travail sont en effet devenus inabordables pour de nombreux habitants. Des appartements déjà minuscules ont même parfois été divisés en compartiments individuels, pour que chaque unité d’habitation ne se réduise à guère plus qu’un lit et quelques objets personnels.

Mais, dans les villes occidentales comme New York, Los Angeles, Londres ou Paris, le Micro Living est également de plus en plus populaire, principalement en raison des loyers élevés. Ces micro-appartements sont certes petits, mais ils sont généralement en excellent état, récemment rénovés et aussi bien équipés que possible. En Asie, en Europe et en Amérique du Nord, de nombreux micro-appartements sont loués déjà meublés.

Est-ce que moins c’est plus ?

Aux États-Unis, le mouvement des Tiny Houses a donné naissance, dès les années 1970, à une tendance visant à réduire l’espace à l’essentiel. Ce minimalisme va aujourd’hui de pair avec d’autres tendances, comme le frugalisme. Aujourd’hui encore, il existe de nombreux adeptes de ces idéologies. Le moins de possessions matérielles possibles, un petit appartement à la décoration sobre, peu de déchets et pas de voiture personnelle sont considérés comme sains, libérateurs et tendance. Ce minimalisme va comme un gant au concept du Micro Living. Les micro-appartements sont considérés comme un luxe et un symbole de statut social – moins, c’est plus.

Le Micro Living, complémentaire du “Temporary Living”

De nombreux propriétaires n’aiment pas les baux à durée indéterminée. Le droit suisse de la location n’est certes pas aussi extrême que le droit allemand, mais il reste toujours relativement protecteur des locataires. Les résiliations de bail doivent être motivées et les délais de résiliation doivent être respectés. Les bailleurs n’ont donc qu’une liberté de décision limitée concernant leur objet d’investissement. Dans le Micro Living, la clientèle est généralement jeune, flexible et mobile. Les baux de plus de cinq ans sont l’exception absolue dans le Micro Living. Lorsque les études sont terminées, un défi professionnel dans une autre ville se présente, un voyage autour du monde est prévu ou l’on rencontre son.sa partenaire de vie ? Les habitants quittent alors majoritairement leur micro logement. En règle générale, presque personne ne reste dans un micro-appartement après 30 ans. Il en va de même pour les expatriés et les étudiants étrangers qui ne séjournent que temporairement en Suisse. L’habitat temporaire et le Micro Living se complètent alors parfaitement.

Pour les bailleurs, cela présente l’avantage que les baux limités dans le temps (qui peuvent être prolongés si nécessaire) sont plus facilement acceptés que ce ne serait le cas pour des logements traditionnels. De même, les personnes qui utilisent le micro-appartement comme résidence secondaire le font en général pour quelques années au maximum.

Conclusion

C’est surtout sur le Plateau suisse que l’urbanisation prend de l’ampleur. Les frontières entre l’agglomération et la ville se confondent de plus en plus et les terrains à bâtir se font de plus en plus rares. Parallèlement, le besoin de logements augmente fortement, ce qui fait grimper les prix de l’immobilier et les loyers en Suisse. Des concepts tels que le Micro Living sont plus demandés que jamais à l’heure actuelle. Le principal avantage du Micro Living est son prix. Il permet aux personnes disposant d’un petit budget d’avoir leur propre logement, aux personnes disposant d’un revenu normal de louer un appartement dans un endroit central et aux personnes aisées d’utiliser les micro-appartements comme résidence secondaire. De plus, les micro-appartements présentent également des avantages écologiques en raison de leur taille.

Mais le Micro-Living n’est pas seulement avantageux pour les locataires, il l’est aussi pour les investisseurs. Ils bénéficient d’un loyer plus élevé par mètre carré, d’un portefeuille plus diversifié et d’une demande élevée. Bien avant que les avantages du Micro Living ne soient connus en Suisse, ce concept de logement était déjà à l’ordre du jour dans de nombreuses métropoles asiatiques comme Tokyo, Hong Kong ou Séoul. Aux États-Unis, le Micro Living est apparu au plus tard avec les loyers élevés dans les métropoles et le mouvement des Tiny House. Le minimalisme est à la mode et les petits appartements peu décorés sont considérés par beaucoup comme un luxe. Le Micro Living est complémentaire du Temporary Living, avec des contrats de location limités dans le temps.

Le Micro Living est un concept qui présente des avantages tant pour les locataires que pour les bailleurs. Nous supposons que le Micro Living va continuer à gagner en importance en Suisse. Mais dans un avenir proche, il ne ressemblera probablement pas encore à Tokyo ou Hong Kong.