Plébiscités par les pouvoirs publics, pour la construction ou la rénovation de bâtiments, les matériaux biosourcés bénéficient actuellement d’un coup de projecteur. Depuis quelques années, écologie et promotion du développement durable sont en effet au cœur des préoccupations des Français. Or, le secteur du BTP est souvent pointé du doigt pour ses fortes émissions en CO2, le principal gaz à effet de serre. Aujourd’hui, les matériaux biosourcés semblent en capacité de répondre aux enjeux de protection de l’environnement – empreinte environnementale réduite et faible émission de carbone. C’est pourquoi les dernières normes entrées en vigueur, telles que la RE2020, encouragent de plus en plus leur utilisation par les professionnels du bâtiment et de la construction.

Définition, avantages, limites, normes de construction : quelles sont les informations à connaître avant d’opter pour ce type de matériaux ? Décryptage !

Matériaux biosourcés : définition

Les matériaux biosourcés proviennent de la « biomasse », c’est-à-dire d’une matière organique renouvelable d’origine animale ou végétale. En clair, du bois, de la paille, ou de la laine de mouton par exemple.

Notamment connus pour leurs propriétés isolantes, les matériaux biosourcés sont aussi utilisés pour la construction de structures, de panneaux ou de cloisons intérieures, la production de mortiers ou de béton. Ces matériaux peuvent ainsi tout à fait servir à la construction ou la rénovation de bâtiments.

Les matériaux biosourcés sont aujourd’hui particulièrement appréciés pour leur origine naturelle et renouvelable, et leurs propriétés spécifiques qui permettent de réduire les émissions en carbone. Par ailleurs, leur production, lorsqu’elle est réalisée de manière locale et en circuit court, réduit les risques de pollution sonore, aérienne ou lumineuse et présente ainsi une faible empreinte environnementale.

En privilégiant le recours à ces matériaux, le secteur de la construction participe à la réduction de la consommation de matières premières d’origine fossile (charbon, pétrole, gaz, etc.) et à la limitation des émissions de gaz à effet de serre visées par les nouvelles normes environnementales.

Matériaux biosourcés et géosourcés, quelle est la différence ? Les matériaux géosourcés ou éco-matériaux sont les matériaux issus de ressources d’origine minérale, tels que la terre crue ou la pierre sèche. Leur utilisation et leur extraction requiert peu de transformations et d’énergie. Au contraire des matériaux biosourcés, ils ne sont pas renouvelables à court terme.

Les différents matériaux biosourcés utilisés par le secteur de la construction

De nombreux matériaux biosourcés sont utilisés sur les chantiers de BTP. Voici une liste des matériaux les plus courants, ainsi que leurs propriétés :

  • Le bois: il atténue le bruit et régule la température. Il est généralement utilisé comme matériau de structure, support d’isolation, accessoire de construction des combles ou du plancher. Il offre un confort thermique particulièrement agréable en été.
  • La paille: facile à installer, elle ne nécessite pas d’être traitée via un procédé chimique. Elle offre une très bonne isolation thermique extérieure et intérieure, même si elle n’est idéale que pour le revêtement de façade. Disponible en quantité et renouvelable, elle est répartie sur tout le territoire français, ce qui facilite son utilisation en circuit court.
  • Le liège: il agit contre le feu, le bruit et présente une bonne performance thermique. Très résistant et imputrescible, il est souvent considéré comme l’un des meilleurs matériaux biosourcés en termes d’isolation. 100% naturel, et ne comportant aucun additif, il est issu de chêne-liège ou de bouchons recyclés.
  • Le lin: principalement utilisé comme isolant, la France en est le premier producteur mondial.
  • La laine de mouton : elle peut absorber l’humidité (jusqu’à 33% de son poids en eau) et difficilement inflammable. Par ailleurs, en cas d’incendie, sa fumée a la particularité de ne pas être toxique. Appréciée pour ses qualités d’isolation, elle présente de bonnes performances thermiques et acoustiques.
  • La ouate de cellulose : confectionnée à partir de papier et de cartons recyclés, elle est notamment utilisée pour la construction de panneaux semi-rigides et comme support d’isolation thermique et acoustique. Peu d’énergie est nécessaire pour la produire et c’est l’un des matériaux les moins chers du marché actuellement.
  • Le textile recyclé : utilisé sous forme de panneaux et rouleaux, c’est un bon isolant pour les murs, les combles perdus et les rampants de toiture. Simple à poser, il agit contre l’humidité, le bruit et présente une isolation thermique très satisfaisante.
  • Le chanvre : (la chènevotte) utilisée pour la production de mortier, enduit et béton. Bon isolant, la laine de chanvre est très résistante aux insectes. Par ailleurs, sa culture est très peu consommatrice en eau et en engrais.

bois matériau biosourcéCrédit: https://unsplash.com/@alschim

Matériaux biosourcés : quels sont leurs avantages ?

Si les matériaux biosourcés sont autant prisés dans le domaine de la construction, c’est parce qu’ils apportent une réelle valeur ajoutée.

La protection et la préservation de l’environnement

Ces matériaux atténuent considérablement l’émission de gaz à effet de serre. L’article 14 de la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte souligne à ce titre que « l’utilisation des matériaux biosourcés concourt significativement au stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles ». En effet, la biomasse, dont sont issus les matériaux biosourcés, capte du carbone atmosphérique tout au long de sa croissance, grâce au phénomène de la photosynthèse. Une fois utilisés comme matériaux de construction, ils fonctionnent alors comme des « puits de carbone » et ce durant tout le cycle de vie du bâtiment.

De plus, les matériaux biosourcés étant d’origine renouvelable, ils préservent les ressources disponibles, sans porter préjudice aux les générations futures.

Enfin, les matières contribuant à la production des matériaux biosourcés étant disponibles en local, la distribution peut se faire en circuit court. Nul besoin de faire recours à un transport aérien ou maritime polluant.

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Des économies à réaliser

Les matériaux biosourcés ont plusieurs vertus. Très souvent, ce sont d’excellents isolants thermiques, qui peuvent servir de mini-climatiseurs naturels. Comme nous l’avons vu, certains d’entre eux peuvent en effet non seulement contribuer à réguler la température d’une pièce, mais aussi lutter contre l’humidité. En été comme en hiver, ils apportent donc un vrai confort climatique, et favorisent ainsi le bien-être des habitants. Autre atout de taille, ils affichent souvent de très bonnes performances en termes d’insonorisation, qualité très recherchée en ville.

De telles qualités permettent aux bâtiments construits en matériaux biosourcés d’être moins gourmands en chauffage et climatisation. Ils génèrent ainsi des économies d’énergie et financière pour leurs utilisateurs. Rappelons à ce titre que le diagnostic énergétique a un impact direct sur la valeur d’un bien immobilier. Ainsi, à partir du 1er janvier 2023, les logements de classe G, les fameuses « passoires énergétiques », ne pourront plus être mis en location.

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Une demande grandissante sur le marché

Fortement mis en avant par les pouvoirs publics, les matériaux biosourcés sont de plus en plus plébiscités par un public soucieux de la protection de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique. Dans un tel contexte, privilégier les matériaux biosourcés pour la construction ou la rénovation de bâtiments représente un réel avantage concurrentiel par rapport à l’utilisation de matériaux chimiques plus polluants.

La simplicité d’utilisation et la facilité d’accès

Il n’est pas nécessaire de suivre une formation spéciale pour construire avec des matériaux biosourcés, car ce sont principalement les mêmes techniques utilisées qu’avec d’autres types de matériaux. De même, les méthodes qu’utilisent les artisans fonctionnent également pour les hautes constructions.

Par ailleurs, la plupart de ces matériaux sont largement disponibles sur le territoire, et ce, en quantité suffisante pour absorber les besoins du secteur de la construction sans rentrer en conflit d’usage avec d’autres filières. C’est le cas de la paille : présente partout en France, une petite partie de la production annuelle pourrait être dédiée à l’isolation des nouvelles constructions de logements.

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Matériaux biosourcés : quels inconvénients ?

En dépit des nombreux avantages qu’ils présentent, certaines limites peuvent être observées.

Des traitements chimiques parfois inévitables

Les matières végétales et animales dont sont issus les matériaux biosourcés de construction peuvent leur communiquer des champignons et moisissures du fait de leur décomposition. Ainsi, certains matériaux doivent être traités afin d’éviter qu’ils ne soient rongés. Par exemple, la laine de bois doit être traitée chimiquement contre les attaques d’insectes ou la moisissure. La laine de mouton doit également subir un traitement antimite relativement toxique.

Certains matériaux ne sont pas résistants au feu. C’est le cas de la ouate de cellulose et du textile recyclé qui doivent, en conséquence, être ignifugés chimiquement.

Des coûts d’achat qui peuvent être plus élevés

Si la ouate de cellulose est le matériau biosourcé le moins cher du marché, et son prix très abordable, certains autres matériaux sont plus coûteux et peuvent revenir plus chers à l’achat que les matériaux plus traditionnels. A titre d’exemple, le béton de chanvre coûte 5 fois plus cher que le béton classique. Le liège, généralement importé, a également un coût élevé.

Néanmoins, cette barrière du prix est à mettre en regard des bénéfices que leur usage peut engendrer ainsi que leur attractivité sur le marché.

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laine de mouton
Crédit : https://unsplash.com/@vinceveras

Les normes qui recommandent l’usage de matériaux biosourcés en France

Afin d’atteindre son objectif de neutralité carbone en 2050, affiché depuis la signature des Accords de Paris en 2015, la France a promulgué de nombreuses lois qui favorisent le recours aux matériaux biosourcés par les professionnels de la construction.

Depuis 2015, la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte que nous avons déjà citée, encourage explicitement leur utilisation « lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments » (Article 14).

La loi Elan du 23 novembre 2018 consacre la performance environnementale comme objectif principal pour les bâtiments et préconise le recours aux matériaux renouvelables. Elle introduit notamment plusieurs mesures en faveur du bois et des matériaux biosourcés dans la construction.

La RE2020 – règlementation environnementale 2020 – se concentre sur la régulation de la construction de bâtiments neufs (logements et tertiaires). Très ambitieuse, elle souhaite que les constructions neuves affichent une consommation d’énergie quasi nulle. Parmi les solutions proposées par la RE2020 pour atteindre ce but, les matériaux biosourcés sont fortement recommandés et semblent incontournables.

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En 2021, le code de l’environnement plébiscite leur usage dans les bâtiments publics, continuant ainsi de marquer la préférence des pouvoirs publics pour ces matériaux :

« La commande publique tient compte notamment de la performance environnementale des produits, en particulier de leur caractère biosourcé. Dans le domaine de la construction ou de la rénovation de bâtiments, elle prend en compte les exigences de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et de stockage du carbone et veille au recours à des matériaux issus des ressources renouvelables ». Article L228-4 Code de l’environnement

Vous en savez désormais plus au sujet des matériaux biosourcés utilisés pour la construction. Plutôt que d’appréhender leur utilisation comme une contrainte, il est possible de le voir comme une participation concrète et tangible à la protection et à la préservation de la planète. De plus, ils offrent de belles constructions durables dans le temps.

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